Les Paradis Artificiels (Partie 3)

11 Août

C’est avec son iPod vissé sur ses oreilles qu’il s’élança dans les ruelles parisiennes.

« …Ending this love for gentlemen only

That’s where the fortunate only

No I gotta be someone else

These days it comes it comes

it comes it comes it comes and goes… »

 

Il écoutait en boucle la fameuse chanson retrouvée en deux temps trois mouvements sur Spotify. Son fidèle iPhone le guidant vers la fameuse adresse, il utilisait toute son adresse et sa dextérité afin d’éviter les vieillards croulants, les quémandeurs féroces et les touristes étrangers.

Finalement, la galerie ne se trouvait qu’à quelques rues. Appuyé sur un poteau, il reprit son souffle se préparant à découvrir la devanture à quelques mètres de là.

Une fois devant, la déception se lisait sur son visage. Il s’attendait à quelque chose, un signe, quelqu’un. Au final, il se trouvait devant une boutique vide, propre sans aucune indication quant à une quelconque soirée ayant pu y avoir lieu. Seul un sticker avec un numéro de téléphone barrait la devanture. On pouvait y lire aussi « louez-moi » en grosses lettres rouges. John allait donc devoir trouver une nouvelle piste pour son enquête naissante. Il se décida à appeler le numéro de la vitrine. Une sonnerie, puis une autre, puis une autre …

–       Allo ?

–       Oui bonjour monsieur j’appelle par rapport à votre salle rue du chevalier de la barre.

–       Je n’ai pas trop le temps là. Lui répondit-il sur un ton dédaigneux.

C’est 2000 euros la soirée, nettoyage à vos frais.

–       Non, ce n’est pas ça, j’ai besoin de savoir qui a loué votre salle hier soir monsieur

–       Ah bon ? Vous êtes de la police ? tsss …

–       Non, non, non, je …euh… vous….enfin…

–       Pfouuuuu …. Ca me paraît compliqué votre affaire là … rappelez moi quand vous saurez ce que vous voul…

–       Non attendez ! oui voilà en fait j’ai perdu mon portefeuille hier et en fait j’ai besoin de récupérer quelque chose d’important. Enfin vous comprenez, ce n’est pas tant le portefeuille en lui-même, mais plutôt le conte…

–       Oui bref, passionnant votre histoire. Si vous croyez que j’ai que ça à foutre de vous écouter me déblatérer votre vie fade et insipide vous vous trompez.

John sentait la colère monter. Cependant, il la réprima. Il avait besoin de cette information.

–       Très bien monsieur, pouvez-vous juste me donner ses coordonnées alors ?

–       Non. Vous n’avez qu’à l’attendre. Il doit repasser en fin d’après-midi ou début de soirée. Cet empoté a oublié de couper l’électricité en partant. Si c’est si important pour vous, attendez-le. Voilà.

–       D’accord monsieur, merci encore et surtout bon …

Il avait raccroché.

La suite de l’histoire s’annonçait moins passionnante. Après avoir enchainé les bonnes nouvelles, il allait devoir se résoudre à attendre bêtement plusieurs heures devant une vitrine. Il était impossible de savoir si l’indélicat locataire allait pouvoir l’aider dans son aventure. Et pourtant, c’était la seule chance qu’il avait de résoudre son équation.

Afin de tuer le temps, il décida d’aller boire un verre. Il avait donc besoin d’une terrasse, pour pouvoir fumer, avec vue sur la vitrine pour ne pas rater son hôte d’un soir. Son choix se porta donc naturellement sur la terrasse du « Café Flamand ». Situé à l’angle de la rue, il aurait une vue imprenable sur la boutique. Il prit donc place sur une des chaises en teck ornant la terrasse. Ce café avait clairement pour vocation d’attirer un maximum de touristes ; d’une part à cause des prix exorbitants ; d’autre part à cause de la décoration kitschissime qui faisait du lieu un repaire du cliché parisien, béret et baguette sous le bras en ligne de mire.

Il commanda quand même un kir. L’attente allait être longue.

La suite dans 7 jours très précisément …

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