Les Paradis Artificiels (Partie 4)

18 Août

Contrairement aux idées reçues et bien, on s’ennuie ferme seul avec un verre. John en faisait l’amère expérience. Les distractions sont peu nombreuses. Après avoir passé un quart d’heure à observer le flot continu de touristes apprentis photographes, il fallait se rendre à l’évidence, si l’organisateur ne venait pas rapidement, il allait finir par sombrer dans l’alcool.

 

–       Putain !! Mais quelle idiote !! Oh mon dieu !!

 

Les cris venaient de la rue. Ce n’était pas des cris de détresse ; plutôt des cris de désespoir.

John fut un des premiers à apercevoir la jeune fille. Effectivement, cette dernière pestait face à la vitrine. Elle semblait d’ailleurs pester contre elle même, personne ne lui faisant face.

 

John sourit. Avec un peu de chance, il allait avoir une collègue d’infortune.

À voir la mine déconfite de la jeune femme, il semblait évident qu’elle avait eu affaire au propriétaire peu scrupuleux ayant quasi insulté John au téléphone.

 

D’habitude, John était très introverti, mais dans l’atmosphère si particulière de cette journée, il se sentit pousser des ailes.

 

–       Mademoiselle ? Excusez-moi ?

–       …

–       Non n’ayez pas peur, je ne veux ni cigarette ni argent.

–       Ah ouf ! J’ai eu peur que vous ne soyez ce genre de type qui drague tout ce qui bouge avec des phrases toutes faites. Que voulez-vous donc ?

–       Euh … et bien … en fait, je vous ai aperçu devant la vitrine et j’ai cru comprendre que vous aviez quelques soucis…

–       Oh ça y est… tsss… vous êtes comme tous les autres en fait, à chercher une excuse misérable pour me raconter votre vie inutile et fatigante dans l’espoir que je vous accorde un minimum d’attention …

–       Euh non enfin.. c’est que…  non, mais en fait, je cherche le locataire d’hier soir, peut être le connaissez vous …

–       AAAAAAH !!! Mais vous étiez la aussi alors !!! N’était-ce pas une soirée magnifique ???

–       Ah euh .. si, oui carrément !!

John n’avait toujours aucun souvenir de cette soirée, mais il était vital d’obtenir le plus d’informations possible.

 

–       Ah ces lumières, cette ambiance, ces odeurs… on se serait cru dans un roman de Zola. Au bonheur des dames pour être plus précise.

–       Euh ex-ex-exac-exactement bafouilla John.

–       Mais bon, tout cela est du passé maintenant. En réalité, j’ai simplement perdu un objet qui m’est cher… J’espérais tellement le retrouver. Mais bon, j’imagine que c‘est trop tard maintenant. Tant pis pour moi. Oh que je suis bête mon dieu !! Il est perdu maintenant, perdu pour toujours …

 

John se dit qu’elle devait être un peu folle, spéciale du moins …

 

–       Écoutez mademoiselle, notre ex-hôte doit certainement repasser dans l’après-midi, je suis moi-même dans l’attente de le voir arriver donc si vous voulez vous joindre à moi, ce serait un bonheur incommensurable.

 

John n’avait jamais su parler aux filles. Il prenait alors souvent le parti de s’exprimer du mieux qu’il pouvait, comme s’il pourrait cacher sa vie de débauche et d’incompétence grâce à de belles phrases bien tournées.

 

–       D’accord l’ami lui répondit-elle.

En revanche, évitez de vous la jouer grand seigneur avec vos phrases à la mord moi le nœud. Tutoie moi ce sera moins glauque.

Et au fait, on est pas sur le parvis de la Défense là ; je m’appelle pas mademoiselle.

 

John était surpris de ce ton aussi direct, mais il ne broncha pas.

–       Très bien et comment vous…t’appelles tu ?

–       Je m’appelle Marion.

–       Enchanté Marion, je m’appelle Jean –Ph .. Enfin je veux dire, John. Tout le monde m’appelle John. Assieds-toi, je t’en prie.

Jusqu’ici, il avait eu du mal à distinguer son interlocutrice du fait de la réverbération du soleil et de ses lunettes de soleil imposante. C’est lorsqu’elle prit place qu’il put enfin apprécier ses traits. Marion était une belle brune bien proportionnée. Elle devait mesurer aux alentours d’un mètre soixante pour une cinquantaine de kilos grand maximum. Ses traits fins s’accordaient parfaitement avec ses beaux yeux verts. Ses cheveux noués lui donnaient un air sérieux.

La suite dans 7 jours très précisément …

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