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Les Paradis Artificiels (Partie Finale)

29 Août

Il avait tellement peur que tout s’en aille encore, qu’il oublie tout une fois de plus. Cette fois ci c’était hors de question.

À force de concentration, la musique aidant, il se souvint d’un détail. Aussi peu important qu’il puisse y paraître, c’était la clé de voûte du système. La fille portait une robe argentée ! Avec un effet miroir ou presque, car il se rappelait s’être vu déformé dessus.

Il tenait enfin un indice probant.

–       Oui ma belle Marion, je me souviens !

–       Trop cool !! Il faut se refaire ça vite alors !!

–       Dis moi, est ce que par hasard, tu te souviens d’une fille hier soir qui était sur le podium ? Robe argentée tout ça … ?

–       Oh johnny !! Tu es trop chou !! Tu te souviens de moi en fait !! C’était une robe qui appartenait à ma sœur, ma petite sœur hein. Mais mon père ne voulait pas qu’elle la mette alors elle a décidé de me la donner. Bon au début je pensais la porter en boite, mais ça faisait trop aguicheur. Pour Noel sa faisait trop Sapin lumineux et pour un mariage c’était plutôt moyen. Alors j’ai décidé de la porter hier, j’ai eu un peu peur que ce soit too much tu vois, mais bon il paraît que ça m’allait bien ; enfin ce sont mes copines qui m’ont dit ça après c’est pas forcément objectif, mais bon …
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Les Paradis Artificiels (Partie 5)

25 Août

Marion était une belle brune bien proportionnée. Elle devait mesurer aux alentours d’un mètre soixante pour une cinquantaine de kilos grand maximum. Ses traits fins s’accordaient parfaitement avec ses beaux yeux verts. Ses cheveux noués lui donnaient un air sérieux.

 

–       Alors Johnny ? Je peux t’appeler Johnny hein ? Qu’est-ce qui t’amène ?

–       Euh oui tu peux … Et bien, je suis a la recherche de …

 

John se sentait bien ridicule à cet instant ? En effet, il ne savait pas vraiment ce qu’il cherchait. Il aurait eu l’air malin de lui répondre qu’il était à la recherche d’une sensation, d’une émotion…

 

–       En fait, je cherche quelqu’un……qui ….était là hier …….. et……. Voilà.

–       Ah ça, on est tous à la recherche de quelqu’un…

–       Non, mais pas quelqu’un dans ce sens-là… plutôt quelqu’un sans plus quoi.

–       Oui bien sûr. Quelqu’un sans plus. Sans moins non plus j’imagine ?

–       Pardon ?

–       Tu es pardonné, passons. Quitte à tuer le temps autant discuter que fais-tu dans la vie Johnny boy ?
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Les Paradis Artificiels (Partie 4)

18 Août

Contrairement aux idées reçues et bien, on s’ennuie ferme seul avec un verre. John en faisait l’amère expérience. Les distractions sont peu nombreuses. Après avoir passé un quart d’heure à observer le flot continu de touristes apprentis photographes, il fallait se rendre à l’évidence, si l’organisateur ne venait pas rapidement, il allait finir par sombrer dans l’alcool.

 

–       Putain !! Mais quelle idiote !! Oh mon dieu !!

 

Les cris venaient de la rue. Ce n’était pas des cris de détresse ; plutôt des cris de désespoir.

John fut un des premiers à apercevoir la jeune fille. Effectivement, cette dernière pestait face à la vitrine. Elle semblait d’ailleurs pester contre elle même, personne ne lui faisant face.

 

John sourit. Avec un peu de chance, il allait avoir une collègue d’infortune.

À voir la mine déconfite de la jeune femme, il semblait évident qu’elle avait eu affaire au propriétaire peu scrupuleux ayant quasi insulté John au téléphone.
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Les Paradis Artificiels (Partie 3)

11 Août

C’est avec son iPod vissé sur ses oreilles qu’il s’élança dans les ruelles parisiennes.

« …Ending this love for gentlemen only

That’s where the fortunate only

No I gotta be someone else

These days it comes it comes

it comes it comes it comes and goes… »

 

Il écoutait en boucle la fameuse chanson retrouvée en deux temps trois mouvements sur Spotify. Son fidèle iPhone le guidant vers la fameuse adresse, il utilisait toute son adresse et sa dextérité afin d’éviter les vieillards croulants, les quémandeurs féroces et les touristes étrangers.

Finalement, la galerie ne se trouvait qu’à quelques rues. Appuyé sur un poteau, il reprit son souffle se préparant à découvrir la devanture à quelques mètres de là.
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Les Paradis Artificiels (Partie 2)

4 Août

Pour les retardataires, voici la

Six étages plus bas, il se retrouvait dans la rue. Il n’avait même pas pris la peine de répondre aux critiques de sa gardienne ; croisée plus tôt dans les escaliers. Les mots « bruit », « tard », « cigarette » l’avaient comme effleuré. Une fois dehors, il ressentit immédiatement les caresses du soleil. Il faisait étonnamment doux pour un mois de février. Ce regain de luminosité le fit se sentir bien. Il prit une grande inspiration et se lança à la poursuite de son éphémère sensation. Ce ne fut qu’après cette première bouffée d’air frais qu’il prit conscience du problème majeur de sa démarche. Par où commencer ?

Certes, cette chanson lui redonnait de l’espoir et de l’envie. L’évènement associé le motivait tout autant, mais il ignorait par où commencer sans se perdre en chemin.

–       Holà monsieur John ! Comment allez-vous aujourd’hui ?

Le marchand de fruits et légumes venait de l’interpeller avec un accent du sud-ouest caractéristique.

–       Bien mon bon Aldo, très bien même !

–       Ah, ça fait plaisir de te voir avec un tel entrain ! Viens voir, fils, viens gouter mes belles mandarines !

C’était vrai qu’elles étaient belles ses mandarines. Leur couleur orangée était telle qu’on les aurait crues directement sorties de Photoshop. Le goût et l’acidité étaient palpables, rien qu’à l’odeur délivrée par ces splendides fruits. Mais John n’avait pas le cœur à manger. Pas tout de suite du moins. Lire la suite

Les Paradis Artificiels (Partie 1)

13 Juil

La lumière du jour le réveilla aux alentours de 13 heures. Il en avait l’habitude. Cela faisait longtemps maintenant qu’il ne faisait plus rien de ses journées. Très longtemps. Trop longtemps.
John se décida à ouvrir un œil. Son regard se posa immédiatement sur le capharnaüm régnant dans son studio parisien. Ce mignon petit appartement était situé sur les hauteurs de Montmartre et, par chance, un velux ornait la sous-pente ; dévoilant une vue magistrale sur les toits de la capitale.
À l’origine, cette garçonnière était meublée simplement. Un canapé-lit gris éléphant faisait face à un minuscule poste de télévision ; une table basse en pin massif servant de séparation entre les deux. Le papier peint blanc cassé donnait de la fraicheur et du volume à ce petit espace.
La vision qu’il eut de son appartement ce matin-là était toute autre. Aux différents tas de fringues accumulés et stockés par terre s’ajoutaient des cadavres de bouteilles de bière bon marché ainsi que certains restes de pizzas encore encartonnés. Une pile de vaisselle sale prête à s’effondrer à tout instant occupait la quasi-totalité de son bloc kitchenette.
John pensa un moment à ranger ce taudis, le transformer en un endroit vivable, un minimum. À la réflexion, non. Plus tard. Demain surement.
C’est alors que l’odeur de cigarette froide emplit ses narines. 10 ans qu’il fumait. 10 ans qu’il s’endormait avec les cendriers pleins à ras bord à 15 centimètres de son visage. Ce matin était un parmi tant d’autres.
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